75 % et les 17 restants

High_Five_Your_Geek
Dans son blogue, en 2013 sur L’ipad à l’école, usages, avantages et défis, Thierry Karsenti avait relevé 3 grandes catégories d’enseignant(e)s. Tout classement est évidemment un peu caricatural et ces catégories auraient probablement gagné à être plus élastique.

Pour mémoire, les voici: 

  • « les enseignants technophiles pour qui les technologies sont la réponse à tous les défis rencontrés en contexte scolaire.
  • les enseignants techno-réfléchis, ce sont des personnes qui ont compris que les technologies sont à l’école non pas pour permettre aux élèves de s’amuser, mais bien pour apprendre… Fini le temps où l’on peut aller « jouer » à l’ordinateur parce que son travail de français ou d’histoire est terminé.
  • les enseignants technophobes qui pensent que les technologies n’ont pas leur place à l’école, et qu’il est encore possible d’apprendre sans les technologies »

Évidemment, les missions de l’école sont restées les mêmes (T.Karsenti)  « L’école est toujours là pour instruire, socialiser et qualifier . J’ajouterais au dernier verbe qualifier, la plupart du temps pour des métiers qui n’existent pas nécessairement encore… 

J’aimerais croiser ces 3 catégories à la réalité d’un plan d’implantation Ipad 1:1 vécu dans mon établissement depuis 2011.

Aperçu rapide du plan de déploiement comme celui-là (an 1, équipement des profs, an 2: équipement des élèves d’un niveau du primaire, an 3 : élèves de 2 niveaux, etc…)

  1.  Il y a nécessairement une poussée quasi-hormonale d’optimisme technopédagogique ! Enfin, ça bouge ! Enfin, on commence à faire vaciller le mammouth !  Les technophiles veulent en découdre , chacun veut convaincre, voir du positif un peu partout sans avoir nécessairement l’esprit critique nécessaire. Il faut se méfier de ce « positivisme crétin » même si j’ai moi-même participé au phénomène, je le reconnais aisément. Fort heureusement,  les choses se tassent généralement assez vite et les technophiles reviennent à des intentions moins positives à tous crins. (cf la rime avec crétin)
  2. Les technophiles fusionnent donc assez rapidement avec les techno-réfléchis. Confrontés à la réalité du terrain, des ajustements sont nécessaires (chartes d’utilisation, gestion du déploiement, gestion de classe, aménagement des locaux, organisation de la classe, …).  L’effet est positif car une partie des enseignants attendaient de voir avant de s’impliquer. Petit à petit, ils observent les usages évoluer et commencent sérieusement à imaginer utiliser le numérique dans leurs classes mais comment ? Parfois, la réalité d’enseigner le lendemain revient au galop et il est plus rapide de reprendre ses vieilles pantoufles devant l’urgence de se présenter devant des élèves que d’en tricoter de nouvelles… Dans ce cas, l’utilisation du numérique se limite presque uniquement à l’utilisation du manuel numérique.
  3. Les technophobes de la première heure ont une position très inconfortable. Ils voient leurs collègues, départements par départements (maths, sciences, français, etc…) utiliser des outils numériques dans leurs cours et voient que ce n’est plus une alternative pour eux. La position qu’ils pensaient pouvoir tenir est intenable,  ils ont le sentiment de perdre une partie de leur expertise pédagogique, ils se comparent et ne se consolent pas toujours… Ils ont accumulé du retard, ont des problèmes personnels avec l’électronique et ne le maîtrisent pas, ne le comprennent pas. Il est même envisagé par certain(e)s de faire venir un chaman pour exorciser leurs appareils qui leur font tant de misères… C’est la panique et les ressources humaines pour les accompagner dans ce tournant majeur ne sont pas là.
  4. Et le dernier 17 % me direz-vous ? Je ne suis pas très bon en maths moi non plus et je ne sais pas trop où les mettre 🙂

    75--bons-eleves-maths

    CONCLUSIONS:

  • Pour paraphraser un ancien ministre de l’éducation français, on est tous d’accord là-dessus mais on a bien du mal à transformer ces intentions en essais.

« L’avenir de l’école ne s’écrit pas à la craie » (Luc Chatel, 25 novembre 2010)

  • Pour former, déformer, transformer des pratiques pédagogiques vieilles comme les robes de ma grand-mère, il faut plus que de la pensée magique. C’est considérable comme changement au quotidien que de faire classe avec des outils numériques et d’en exploiter « la substantifique moelle » *

    * LA définition ci-dessous provient de Wikipédia
    Extraire « la substantifique moelle » de quelque chose, c’est en retenir ce qu’il y a de meilleur, de plus précieux ou de plus profond.

 

 

Une réflexion sur “75 % et les 17 restants

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