Pour débuter

C’est bien beau de préconiser d’intégrer l’usage d’outils numériques avec les élèves mais:

  • Par où commencer ?
  • Comment on fait ?
  • Quels avantages ?
  • Quels défis ?
  • Qu’est-ce que ça change dans la façon d’enseigner ?
  • Qu’en disent les chercheurs ?
  • …etc…

Il est important d’avoir ces réflexions avant de mettre ces outils dans les mains des enfants. Je collabore depuis quelques années avec l’organisme API-O pour former les enseignants. Nous en parlerons le 7 mai, informations complètes en suivant ce lien. 

 

Formation ApiO

75 % et les 17 restants

High_Five_Your_Geek
Dans son blogue, en 2013 sur L’ipad à l’école, usages, avantages et défis, Thierry Karsenti avait relevé 3 grandes catégories d’enseignant(e)s. Tout classement est évidemment un peu caricatural et ces catégories auraient probablement gagné à être plus élastique.

Pour mémoire, les voici: 

  • « les enseignants technophiles pour qui les technologies sont la réponse à tous les défis rencontrés en contexte scolaire.
  • les enseignants techno-réfléchis, ce sont des personnes qui ont compris que les technologies sont à l’école non pas pour permettre aux élèves de s’amuser, mais bien pour apprendre… Fini le temps où l’on peut aller « jouer » à l’ordinateur parce que son travail de français ou d’histoire est terminé.
  • les enseignants technophobes qui pensent que les technologies n’ont pas leur place à l’école, et qu’il est encore possible d’apprendre sans les technologies »

Évidemment, les missions de l’école sont restées les mêmes (T.Karsenti)  « L’école est toujours là pour instruire, socialiser et qualifier . J’ajouterais au dernier verbe qualifier, la plupart du temps pour des métiers qui n’existent pas nécessairement encore… 

J’aimerais croiser ces 3 catégories à la réalité d’un plan d’implantation Ipad 1:1 vécu dans mon établissement depuis 2011.

Aperçu rapide du plan de déploiement comme celui-là (an 1, équipement des profs, an 2: équipement des élèves d’un niveau du primaire, an 3 : élèves de 2 niveaux, etc…)

  1.  Il y a nécessairement une poussée quasi-hormonale d’optimisme technopédagogique ! Enfin, ça bouge ! Enfin, on commence à faire vaciller le mammouth !  Les technophiles veulent en découdre , chacun veut convaincre, voir du positif un peu partout sans avoir nécessairement l’esprit critique nécessaire. Il faut se méfier de ce « positivisme crétin » même si j’ai moi-même participé au phénomène, je le reconnais aisément. Fort heureusement,  les choses se tassent généralement assez vite et les technophiles reviennent à des intentions moins positives à tous crins. (cf la rime avec crétin)
  2. Les technophiles fusionnent donc assez rapidement avec les techno-réfléchis. Confrontés à la réalité du terrain, des ajustements sont nécessaires (chartes d’utilisation, gestion du déploiement, gestion de classe, aménagement des locaux, organisation de la classe, …).  L’effet est positif car une partie des enseignants attendaient de voir avant de s’impliquer. Petit à petit, ils observent les usages évoluer et commencent sérieusement à imaginer utiliser le numérique dans leurs classes mais comment ? Parfois, la réalité d’enseigner le lendemain revient au galop et il est plus rapide de reprendre ses vieilles pantoufles devant l’urgence de se présenter devant des élèves que d’en tricoter de nouvelles… Dans ce cas, l’utilisation du numérique se limite presque uniquement à l’utilisation du manuel numérique.
  3. Les technophobes de la première heure ont une position très inconfortable. Ils voient leurs collègues, départements par départements (maths, sciences, français, etc…) utiliser des outils numériques dans leurs cours et voient que ce n’est plus une alternative pour eux. La position qu’ils pensaient pouvoir tenir est intenable,  ils ont le sentiment de perdre une partie de leur expertise pédagogique, ils se comparent et ne se consolent pas toujours… Ils ont accumulé du retard, ont des problèmes personnels avec l’électronique et ne le maîtrisent pas, ne le comprennent pas. Il est même envisagé par certain(e)s de faire venir un chaman pour exorciser leurs appareils qui leur font tant de misères… C’est la panique et les ressources humaines pour les accompagner dans ce tournant majeur ne sont pas là.
  4. Et le dernier 17 % me direz-vous ? Je ne suis pas très bon en maths moi non plus et je ne sais pas trop où les mettre 🙂

    75--bons-eleves-maths

    CONCLUSIONS:

  • Pour paraphraser un ancien ministre de l’éducation français, on est tous d’accord là-dessus mais on a bien du mal à transformer ces intentions en essais.

« L’avenir de l’école ne s’écrit pas à la craie » (Luc Chatel, 25 novembre 2010)

  • Pour former, déformer, transformer des pratiques pédagogiques vieilles comme les robes de ma grand-mère, il faut plus que de la pensée magique. C’est considérable comme changement au quotidien que de faire classe avec des outils numériques et d’en exploiter « la substantifique moelle » *

    * LA définition ci-dessous provient de Wikipédia
    Extraire « la substantifique moelle » de quelque chose, c’est en retenir ce qu’il y a de meilleur, de plus précieux ou de plus profond.

 

 

L’effet multiplicateur

effectX

Cela fait déjà un moment que je voulais écrire sur le sujet mais sans trouver le temps ni l’entrée satisfaisante.

En lisant cet article de Marc-André Girard, « La querelle des anciens et des modernes », je me suis dit que je pourrais partager mes expériences sur sa conclusion.

« Si le virage moderne en éducation n’est qu’une question de temps et les résistants n’auront d’autre choix que de plier contre leur gré à défaut d’en reconnaître eux-mêmes la pertinence, la question demeure la suivante : comment pouvons-nous exercer notre leadership pour éviter cette cassure et être à l’avant-plan pour convaincre les enseignants d’épouser, à leur propre vitesse, les impératifs que nous dictent la société ? Par l’action et par la modélisation en laissant goûter aux enseignants originalement réfractaires, les plaisirs des nouvelles pédagogiques. L’effet multiplicateur, vous connaissez ? Il est temps de le déployer à sa force maximale. »

Je m’implique régulièrement dans la formation continue des professeurs du réseau AEFE en Amérique du Nord avec mon collègue Charles Romero. Depuis trois ans maintenant, les formations en technopédagogie que nous animons ne sont plus réservées à un public particulier (profs de français, de maths, ou de sciences, …) ou à un public ciblé (cycle 2 ou 3 du primaire, profs de collèges, etc…) mais ouverts à tous et toutes. On y retrouve donc pendant 3 jours des professeurs de la maternelle à la terminale, des enseignants français, canadiens, américains, des responsables de département, des conseillers pédagogiques, etc…

Le système français est très cloisonné. Les interactions professionnelles se font entre profs d’un même cycle, d’une même matière ou pire d’un même niveau universitaire (guéguerre agrégés, certifiés, pegc, etc…).

Et puis là, tout à coup autour de l’intégration du numérique on parle de pédagogie, de différenciation, de créativité, d’implication des élèves, de travail cooollaboratif,  de rendre l’école plus proche de la vie, de favoriser l’action/passivité, de développer l’esprit critique, d’exploiter le potentiel individuel de chacun et de ne pas prendre comme critère unique la date de conception des élèves.

franklin

On parle de pratiques pédagogiques, on échange sur des usages pédagogiques que chacun et chacune adaptera à sa matière, son niveau enseigné. On échange autour de la façon de rester en lien avec le monde qui nous entoure en travaillant avec les outils et les nouvelles possibilités.

estrada

Et ça marche !!! On se régale, on travaille fort, on a des échanges de qualité, du partage professionnel et  chacun retourne  dans son école avec l’envie de changer des choses dans ses pratiques.

Alors, oui, l’effet multiplicateur, j’y crois !

einstein

 

Phoetic: nuages de mots dans une image

Une autre application superbe : PHOETIC. Je m’en sers principalement pour illustrer mes cours sur ChallengeU en ce moment:

On peut aussi créer des nuages de mots à partir d’un formulaire  google et intégrer les mots relevés dans une forme correspondant à l’objet du formulaire.

Voici un exemple réalisé en formation de profs. J’avais invité les collègues à répondre à la question : Quels sont selon vous les obstacles à l’intégration des TICE en éducation à partir de ce formulaire. Puis, j’avais récupéré les réponses dans ce formulaire .

Enfin, dans CC search, j’ai cherché une image libre de droits représentant le mot OBSTACLES .

rock

J’ai rentré les différents documents dans l’application PHOETIC et j’ai fusionné ces données pour obtenir ceci.

 

obstacles2

 

Gestion des devoirs: REMIND

C’est un comble ! Il n’a jamais été aussi facile de communiquer, il n’y a jamais eu autant de supports pour le faire et pourtant Il est parfois difficile de communiquer à l’ère numérique. Devoirs mal écrits, cahier de texte/agenda oubliés, documents manquants, etc… Nous connaissons tous les écueils avec les devoirs.

Quand je me regarde pédaler, je me noie parfois sous la quantité de courriels, de notifications ChallengeU, de tweets, etc… Je consulte presque chaque jour mon agrégateur préféré FLIPBOARD et pourtant j’en manque des bouts !

Exit donc le cahier de textes (20 années précédentes), le calendrier google partagé (les 2 dernières années) et  place maintenant au test de l’application :Remind

  • Application gratuite.
  • Utilisable aussi dans un navigateur Internet.
  • Les élèves et parents peuvent s’abonner au professeur et recevoir les notifications.
  • Un cahier de moins dans le cartable.
  • Le prof écrit les devoirs dans l’application et ne s’occupe pas comment ça se rend, pas de perte de temps en classe à recopier et vérifier ce qui a été écrit dans le cahier de textes.
  • On peut y mettre une image, un message audio, un fichier joint, un lien, … etc …
  • On peut programmer un envoi (date et heure différées)
  • Utilisable avec un compte Google Éducation
  • Version ordinateurs, tablettes et cellulaires
  • Androïd et Apple
  • Concise ! (140 caractères comme un certain … Twitter)
  • Simple à utiliser. Les utilisateurs (élèves et parents) reçoivent les notifications. Personnellement, j’encourage les élèves à  cliquer sur check
    une fois l’activité accomplie. De cette façon, je fais le suivi.

On fera le bilan dans un an !

I.O.S : https://itunes.apple.com/us/app/remind-safe-classroom-communication/id522826277?mt=8

ANDROID : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.remind101&hl=fr

Challenge U

Excellent article très complet. Nous utilisons beaucoup Challenge U au Lycée français d’Ottawa. La plateforme est:

  • stable !!!
  • Multiplateforme (fonctionne très bien sur les appareils mobiles)
  • facile d’utilisation pour les profs ! Appuyer sur le bouton + pour créer du contenu et voilà !
  • encore plus facile pour les élèves
  • permet « d’embeder » des activités (thatquiz, learning apps, …)
  • favorise et encourage le partage professionnel. Enfin, les enseignants peuvent partager sans passer leur vie devant un photocopilleur 🙂
  • Évolutive et future proof (mises à jour régulières, recherche par mots clés, …)

Librenseigne

Article complet:  Libre enseigne

Ce que je constate après 3 années d’utilisation:

  • L’organisation des cours est réellement un +. L’enseignant y regroupe ses activités et reproduit plus ou moins à sa façon la table des matières des contenus à enseigner.
  • De ce fait, j’ai le sentiment, surtout au secondaire, que le cours devient un manuel électronique enrichi de tout ce que l’enseignant trouve pendant l’année. Le manuel qu’il a créé s’enrichit en permanence. Adieu manuel papier que l’on usait jusqu’à la corde !
  • Les élèves publient, partagent mais il y a une éducation à de bons usages à faire en parallèle !!!
  • La plateforme évite la dispersion des contenus (dropbox, drive, blogue enseignant, site internet, courriels envoyés, etc..). De cette façon, on garde les élèves et leurs parents en réunissant sur une même plateforme TOUT le pédagogique.

Applications maths et français (cycle 3 du primaire)

Voici quelques applications que nous utilisons en Cm2 (5ème année primaire). Évidemment, nous ne les mettons pas toutes à disposition en même temps. Généralement, nous mettons une app/semaine, le vendredi soir afin que les élèves se les approprient en bidouillant la fin de semaine. L’enseignant a les intentions pédagogiques, choisit les apps mais il est inutile de vouloir les connaître toutes avant de les mettre dans les doigts des élèves…

FRANCAIS MATHS