« L’école du 21ème siècle existe, c’est l’école maternelle ! ». Ron Canuel

Ron Canuel, président de l’association canadienne d’éducation (ACE) a tenu ces propos lors d’une présentation au sommet Ipad en éducation de Montréal 2015.

Je me suis donc demandé ce qu’il voulait dire et ai cherché à en percer l’organisation. Pour faire une histoire courte, j’en suis revenu avec quelques principes de base sur le fonctionnement et l’aménagement:

  1. On favorise le travail de groupes en autonomie complète pendant qu’un groupe est en apprentissage avec le prof puis on tourne.
  2. On bouge, on parle, on communique, on a le droit de faire un bruit « raisonnable, c’est à dire un bruit de travail. » On ne mesure donc pas la qualité du prof au silence qui règne dans sa classe mais plutôt à l’émulation qui y règne. En maternelle, le silence est plutôt suspect …
  3. On a un espace commun de regroupement pour « jaser », donner les consignes, échanger, choisir des projets.
  4. Il y a des « coins » aménagés.

Afin de mieux organiser ma classe numérique (Ipad 1/1), j’ai donc décidé de réaménager mon local de 5ème année de primaire en tenant compte de ces principes. Je ferai un bilan de cet aménagement et des pratiques qui en découlent lors du sommet Ipad 2016 à Montréal.

  1. J’ai créé un espace de regroupement avec des bancs. On se regroupe chaque fois que c’est nécessaire. Consignes, discussions, projets, fil twitter de la classe, etc…
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  2. J’ai fait installer des tablettes en bois autour de la classe et acheté des tabourets. On peut changer de posture quand on en a besoin.


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3- J’ai acheté des étagères chez  « I – – A » afin d’avoir un espace de rangement individuel dans lequel on peut trouver facilement ses affaires MAIS aussi déposer son sac pour qu’il ne soit pas dans nos pattes quand on se déplace.

4-j’ai créé des coins: coin bibliothèque confortable

De Skitch

 

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Une table avec deux jeux d’échecs pour favoriser l’échec scolaire 🙂


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Un coin enregistrement avec un mini-studio: Silence on tourne.

Un coin robotique


Autres ressources

Hacke, hackons, hackez !

Doit-on « hacker » la façon de concevoir l’éducation plutôt que faire des transformations homéopathiques épisodiques ?

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Bien sûr, c’est volontairement provoquant comme question mais à la lumière de quelques réflexions sur des pratiques pédagogiques innovantes, la question mérite d’être posée. Évidemment, on peut opposer que « la tradition, ça a du bon ! » et c’est vrai, je le confirme ! Surtout dans l’assiette !

Mais trop souvent la tradition sert de justification au fait de ne rien changer aux pratiques parce que ça marche ou a marché, parce que ça a fait ses preuves ! Fin de l’argumentation, victoire par K.O !

Ça eut marché mais si on n’essaie rien d’autre, on ne saura pas si ça fonctionne mieux que ce qui n’a pas été tenté ? Le monde a changé, les « clients » de l’éducation ont changé, pourquoi devraient-ils avoir les mêmes besoins que leurs aînés ? Pourquoi devrait-on continuer sans se demander ce qu’en pensent les principaux concernés ? L’école reproduit souvent des modèles d’apprentissage sans les remettre en cause périodiquement mais surtout ne favorise pas l’émergence de ce type de pensée divergente vue et reçue comme une menace à l’ordre établi. D’une certaine façon, l’éducation est le seul service où on ne s’intéresse pas ou si peu aux besoin des « clients ».

Alors, posons-nous la question et regardons quelques usages.

J’avais été passionné par le personnage de Louis Castel créé par le mémorial de Caën. Ce personnage fictif, ce combattant canadien qu’on suivait dans ses déplacements lors de la libération de l’Europe du Nord. Quelle merveilleuse idée que de « hacker » Twitter en racontant la vie de quelqu’un de fictif qui partage des documents aussi variés. Attendons la suite car le Mémorial a semble t-il créé un nouveau personnage, Suzon !

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L’an passé, j’avais regardé avec intérêt la vidéo de ce jeune homme, Logan Laplante * qui présentait sa vision de la vie… à 13 ans … (bonheur, santé, développement personnel, …)  mais aussi de l’éducation. Il y parlait de Ken Robinson et de sa conférence sur la créativité mais aussi de son idole, un champion de ski. Selon lui, ce dernier a « hacké » la façon de pratiquer le ski et c’est ce qui en fait un champion hors-normes.

Récemment, un #hackathonpédagogique a été organisé par l’académie de Toulouse (**). Les enseignants formateurs ont eu 12 heures pour soulever une problématique relative au thème « le numérique faire ensemble et autrement : rupture et continuité » à partir de laquelle ils ont élaboré un scénario d’apprentissage et une bande annonce de 2 minutes.

Le projet « Des robots et des élèves » proposé par l’équipe des Swimming Capucins, a gagné le Prix « faire ensemble et autrement » mention Créativité !

Encore plus récemment, j’ai eu la chance et le plaisir d’assister à un séminaire professionnel avec des collègues technopédagogues en Amérique du nord #seminet2015. Une collègue, Marie Volta, enseignante de français au secondaire a partagé avec nous comment elle est devenue Maupassant sur Facebook et avait de ce fait « hacké » l’usage social de Facebook pour en avoir un usage pédagogique. WOW !

Voici les objectifs qu’elle poursuivait: « libérer l’écriture ; faire un lien entre réalisme littéraire et impressionnisme pictural ; leur permettre d’approcher le roman sous couvert d’un jeu de rôle, les entraîner à lire les productions des autres et du coup à enrichir leur connaissance du roman et de la langue française. »

En l’écoutant, j’ai eu envie de lire ce livre avec eux, d’échanger, de moi aussi faire vivre un personnage, de lui inventer une double vie si la sienne était trop pâle 😉

Comme elle, « il me semble qu’aucune fiche de lecture  » n’arrivera jamais à ce plaisir de lire, de commenter les productions des autres, à écrire et du coup à enrichir leur connaissance du roman et de la langue française.  »

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* Hackschooling makes me happy | Logan LaPlante | TEDxUniversityofNevada

** http://www.ac-toulouse.fr/cid93715/l-academie-de-toulouse-primee-au-hackathon-pedagogique.html

Production vidéos élèves et musiques libres de droits

Il y a 2 ans, j’avais demandé aux élèves de réaliser une vidéo dans le cadre d’un projet « J’ai 2 minutes pour te persuader de lire ce livre ».

J’avais eu quelques productions remarquables comme celle-ci ou celle-ci ou encore celle-là.

Toutefois, la bibliothèque musicale de I-movie est plutôt pauvre alors Jeanne, une élève de ma classe avait eu la formidable idée d’improviser au piano et de s’enregistrer pour que SA musique corresponde à l’ambiance sonore de SA vidéo.

La maison aux pignons verts   YouTube

Tout le monde n’a pas le talent de Jeanne alors pour ceux qui cherchent des ambiances sonores pour leurs vidéos, voici un lien vers des musiques libres de droits !

Merci TWITTER ! Merci à CADRE21, @lecadre21

On peut naviguer par genre, ambiance, humeur, instrument, …

Bref, de l’or en barre et c’est ICITTE:

Bibliothèque audio   YouTube

Vers une classe « zéro papier »

Intéressant ! Pour répondre entre autre à cette question, nous utilisons ChallengeU :
Repenser l’école, l’espace de classe, à l’ère du numérique passe par repenser cet outil de base qu’est le cahier. Les ressources, les productions. Tout ça m’amène à repenser leur place et leur utilisation. Après tout l’école du futur (proche) devra s’affranchir des murs et des espaces figés. Pour cela il faudra à mon avis, repenser donc le stockage des productions et autres travaux.

Si c'est pas malheureux !

En ce moment j’imagine beaucoup de choses. J’ai la chance de travailler cette année avec énormément de (bon) matériel numérique. Et en ce moment je me plais à imaginer une classe débarrassée de tout papier car toutes les conditions sont réunies. Pourquoi et pourquoi pas ?

En préambule…

Tout d’abord je crois quand même utile de préciser que j’imagine mal ce genre de dispositif dans les « petites » classes du primaire pour plusieurs raisons. L’apprentissage du geste graphique sur papier me parait primordial avant de passer au geste numérique. Pour qui a déjà essayer d’utiliser un stylet sur tablette, c’est une évidence que la maîtrise du geste sur papier est un préalable. Ouais c’est quand même une habitude à prendre même si récemment, un constructeur a annoncé son super méga cool stylet (je suis encore dubitatif).

Bref, avant de se faire un représentation numérique, donc quelque part virtuelle, de l’acte d’écrire…

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Gestion des devoirs: REMIND

C’est un comble ! Il n’a jamais été aussi facile de communiquer, il n’y a jamais eu autant de supports pour le faire et pourtant Il est parfois difficile de communiquer à l’ère numérique. Devoirs mal écrits, cahier de texte/agenda oubliés, documents manquants, etc… Nous connaissons tous les écueils avec les devoirs.

Quand je me regarde pédaler, je me noie parfois sous la quantité de courriels, de notifications ChallengeU, de tweets, etc… Je consulte presque chaque jour mon agrégateur préféré FLIPBOARD et pourtant j’en manque des bouts !

Exit donc le cahier de textes (20 années précédentes), le calendrier google partagé (les 2 dernières années) et  place maintenant au test de l’application :Remind

  • Application gratuite.
  • Utilisable aussi dans un navigateur Internet.
  • Les élèves et parents peuvent s’abonner au professeur et recevoir les notifications.
  • Un cahier de moins dans le cartable.
  • Le prof écrit les devoirs dans l’application et ne s’occupe pas comment ça se rend, pas de perte de temps en classe à recopier et vérifier ce qui a été écrit dans le cahier de textes.
  • On peut y mettre une image, un message audio, un fichier joint, un lien, … etc …
  • On peut programmer un envoi (date et heure différées)
  • Utilisable avec un compte Google Éducation
  • Version ordinateurs, tablettes et cellulaires
  • Androïd et Apple
  • Concise ! (140 caractères comme un certain … Twitter)
  • Simple à utiliser. Les utilisateurs (élèves et parents) reçoivent les notifications. Personnellement, j’encourage les élèves à  cliquer sur check
    une fois l’activité accomplie. De cette façon, je fais le suivi.

On fera le bilan dans un an !

I.O.S : https://itunes.apple.com/us/app/remind-safe-classroom-communication/id522826277?mt=8

ANDROID : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.remind101&hl=fr

Comment magasiner des apps ?

Chaque jour, de nouvelles applications sont produites et il est bien difficile surtout pour les enseignants qui prennent le virage numérique de s’y retrouver. Beaucoup d’applications se ressemblent, surtout celles qui servent à créer/produire des mini-capsules vidéos (classes inversées, tutoriels, capsules vidéos, etc… )

Je constate bien souvent que les enseignants s’approprient l’une ou l’autre application sans se demander comment le document produit (livre électronique, capsules etc..) va sortir du Ipad. Mieux vaut se poser ces questions quand on choisit de faire travailler les élèves. Je me souviens de collègues qui ont produit des livres électroniques très beaux que presque personne n’a vus car les fichiers produits étaient trop gros pour un courriel et même pour la pellicule du Ipad.

LA grande question est donc comment l’exporter puisque le but de ces productions est de partager.

  • Comment cette production va se rendre jusqu’aux élèves ? Jusqu’aux parents ?
  • Qui va l’héberger ? L’éditeur de l’app dans le cloud ? Quel type d’envoi ? Quelle plateforme pédagogique (codes supportés par ChallengeU ? Edmodo ? Classroom ? )pour la rendre accessible à tous ?
  • Privilégier l’hébergement Youtube ? Public ? Privé ?

Parfois, mais c’est plus rare, une application se cherche des utilisations pédagogiques. Récemment, plusieurs technopédagogues ont testé une application comme PÉRISCOPE pour en proposer des usages pédagogiques. L’an passé, nous avions fait de courtes présentations d’éclosions de poussins en classe notamment mais il y a plein de possibilités

Je ne peux que vous conseiller de consulter cet article très complet présentant des applications à partir des intentions pédagogiques des professeurs. Le site répond à la question: Je voudrais faire ça avec mes élèves, quelles applications puis-je utiliser pour cela ?

En tous cas, c’est une Très bonne idée de classer les nombreuses apps en fonction des intentions pédagogiques de départ de l’enseignant !  Ça aide de se demander ce qu’on voudrait faire et ensuite de choisir le bon outil parmi ceux disponibles.

Intentions pédagogiques by Alexandre Gagné ZEEF

Pas la peine d’en ajouter, il y a TOUT ! Merci @alexandre_gagne !

Voici le lien vers son site : https://intentions-pedagogiques.zeef.com/fr/alexandre.gagne

Nous utilisons une catégorie supplémentaire intitulée GESTION DE CLASSE.

Il s’agit d’applications qui permettent de gérer le temps de ceux qui ont fini leur travail (les élèves « rapidos » et/ou qui ont compris la leçon étudiée. De cette façon, le prof peut se concentrer sur les élèves qui ont besoin de lui au lieu d’interrompre la réflexion des plus en difficultés pour éviter aux rapidos de perturber la classe. Voici quelques exemples, mais il y en a plein (jeux de mémoire, logique, casse-tête, etc…)

  1. BIG SEED , application gratuite développée par le Mind research institute. J’adore et les élèves aussi !
  2. KICK BOX, même fournisseurPhilosophie du créateur du Mind Research Institute:
  3. Mathagon: App de calcul et stratégie
    mathagon
  4. Applications Emmanuel Crombez 

    abcproductions

Quel numérique ?

Nous avons reçu la visite de notre IEN (Inspectrice de l’Education Nationale) le jour de la pré-rentrée.*

Voici en résumé les instructions et recommandations entourant l’utilisation du numérique pour l’année scolaire. C’est synthétique ! Il reste toutefois à former/déformer/transformer les profs à mettre cela en place dans leurs classes et à équiper les élèves.

  • Un outil au service des apprentissages: OUI, il faut toujours se poser la question de la plus-value pédagogique de l’utilisation du numérique. S’il n’y en a pas ou si peu, on laisse le numérique et on prend un autre support.
  •  Un outil au service des apprentissages: OUI (bis). Pour différencier en fonction des faiblesses et des forces, de la vitesse de chacun. Les enfants aiment les interactions rapides comme dans les jeux:J’ai bon ou bedon j’ai faux.

    Si j’ai bon, je continue à avancer même si cela dépasse les attentes de mon curriculum.

    Sinon, je cherche à comprendre mon erreur là pendant que c’est chaud, je la corrige et je continue.

    Souvent le système scolaire est lent et demander aux enfants de se corriger attentivement une semaine après avoir fait un travail, c’est bien mal connaître les enfants, ça ne marche pas !

  • Un usage équilibré, OUI. Du numérique toute la journée, ça n’a pas de sens !  Les enfants aiment changer, alterner (cahiers, ardoises velleda, cahier de brouillon, support électronique, …)
  • Au service de :
  1. L’autonomie, oui ! Se préparer à apprendre seul(e). Etre autodidacte: chercher de l’information, la valider, faire preuve d’esprit critique, de jugement,  mettre en forme l’information en choisissant les bons outils, la présenter, la partager.
  2. De la coopération ! Les enfants savent beaucoup de choses et sont ravis de pouvoir partager leurs connaissances et/ou expertises. J’ai vu plein d’enfants transparents en début d’année devenir des experts respectés par leurs pairs grâce à cette coopération, cette collaboration Cf l’article gestion de classe numérique ASK 3 BEFORE ME. 
  • Merci à l’IEN, Mme Fournier-Dulac pour la copie d’écran du document.